L’Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL) a tenu les 11-12 et 13-14 septembre 2017 à Lomé deux rencontres régionales pour inciter la création d’une plateforme d’échanges entre les associations et les réseaux nationaux d’homosexuels (HSH) et de professionnels de sexe (PS) le long du corridor Abidjan-Lagos.

Le respect des droits humains, une des solutions pour vaincre le VIH

Le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FM) a financé l’OCAL pour l’offre de services adaptés et transfrontaliers aux populations clés et mobiles en complément des réponses nationales. Dans le cadre du Nouveau Modèle de Financement (NFM), la subvention du FM met l’accent sur une dévolution progressive de l’offre de services VIH aux programmes nationaux et un recentrage des interventions vers le renforcement du système communautaire et la défense des Droits Humains.

En effet, les HSH et les PS/TS sont victimes au quotidien de nombreuses atteintes à leurs droits humains, notamment le droit à la vie, le droit à la dignité, le droit à la famille, le droit à la santé, le droit au travail, le droit à l’éducation/information, le droit à l’égalité des chances et à la non-discrimination, etc. Or, ces droits sont consacrés par la plupart des instruments internationaux de protection des droits de l’homme ratifiés par les Etats, à l’instar de la Charte Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) et de la Déclaration d’engagement des Nations Unies sur le VIH/Sida. De plus, les Préambules des Constitutions des pays font de la non-discrimination un principe fondamental.

Mais espérer la fin de l’épidémie du sida implique des résultats sur plusieurs facteurs défaillants dont le respect de l’ensemble des Droits Humains

Malheureusement, le long du corridor Abidjan-Lagos, le système communautaire des HSH et des PS affaibli par les différentes formes de discriminations est caractérisé par des associations encore embryonnaires ayant peu d’influence, même dans la quête du respect de leurs droits et l’accès aux soins. Or, c’est en respectant les droits de ces cibles que ces derniers pourront jouer un rôle de premier plan pour contribuer à mettre fin au sida, grâce à leurs connaissances et leur autonomisation, leur mobilisation et leur engagement.

La méthode d’intervention

Depuis deux ans, l’OCAL a mis en place des comités de veille qui sont opérationnels et ont permis de documenter les cas de violences basées sur le genre. Ces cas sont pris en charge par les psychologues et ceux nécessitant une prise en charge juridique sont confiés aux avocats des comités de veille. Les capacités des conseillers des lignes vertes des pays, des journalistes et des avocats ont été renforcées pour les rendre populations clés friendly.

Les jalons pour l’avenir

Aujourd’hui, il est apparu pertinent de créer un cadre d’échanges pour faciliter le partage d’expériences et la mise en réseau des organisations identitaires de populations clés le long du corridor et dans la sous-région.

L’OCAL croit qu’une action concertée fondée sur une bonne stratégie en faveur des cibles pour contrer les violences basées sur le genre, la stigmatisation et la discrimination ainsi reconnues comme des obstacles à l'accès aux services de prévention, de prise en charge et de soutien liés au VIH devient donc incontournable pour l’atteinte de l’objectif d’accélération de la réponse pour éliminer le VIH d’ici à 2030.

C’est pour cela que la rencontre de Lomé jette les bases d’une plateforme d’échanges qui sera le lieu d’une réflexion constante sur cette situation afin d’envisager des actions concertées pour mobiliser des financements pour la continuité des interventions.

Cette plateforme implique les associations, réseaux nationaux et régionaux, les acteurs de défense des droits humains dont les comités de veille, les forces de l’ordre, les avocats, les magistrats et les journalistes.

L’une des actions concrètes de cette rencontre a été la mise en place d’un bureau directeur des associations/réseaux de PS le long du Corridor Abidjan-Lagos afin de veiller au suivi des résolutions issues de l’atelier.