CORRIDOR

Gouvernance et coûts informels

L’Organisation du Corridor Abidjan–Lagos (OCAL) a rendu publique l’enquête ENTRAVES 2025, menée auprès de 845 usagers sur dix postes frontaliers. Ce rapport met en lumière la persistance des paiements informels et leur impact sur la fluidité des échanges le long de cet axe stratégique de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

🔎 Des constats préoccupants

Les résultats révèlent une réalité systémique :Neuf postes sur dix affichent un taux de paiement contraint supérieur à 50 %, dont quatre dépassent 80 %. Les reçus sont quasi inexistants (<2 %), rendant les transactions opaques et difficiles à contrôler. Les femmes apparaissent plus exposées que les hommes (80 % contre 70 %), avec des écarts particulièrement marqués à Kodjoviakopé. Le Nigéria concentre la densité la plus critique de barrages routiers, avec 13,3 barrages pour 100 km, soit plus de quatre fois la norme régionale.

📌 Recommandations stratégiques

Pour répondre à ces défis, l’OCAL propose plusieurs actions prioritaires :
– Mettre en place un mécanisme régional de suivi des plaintes, avec publication trimestrielle des résultats.
– Former les agents frontaliers aux droits CEDEAO, notamment à Noé, Noépé, Akanu, Elubo et Aflao.
– Poursuivre la rationalisation des barrages routiers sur le tronçon Sèmè–Lagos.
– Pérenniser la collecte annuelle de données et systématiser la désagrégation par genre.

💡 Vers une gouvernance renforcée

Au-delà du cadre réglementaire, le véritable défi réside dans la mise en œuvre et la supervision des pratiques. L’OCAL a franchi une étape importante avec le déploiement d’un système de signalement numérique par QR code, permettant aux usagers de rapporter les entraves une fois hors du poste frontalier. Ce dispositif, en supprimant le principal frein à la déclaration, ouvre la voie à une redevabilité plus crédible et mesurable dès la prochaine vague de collecte.

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